La petite histoire d’Elisabeth B., de la famille de Job

Troisième d’une fratrie de huit enfants (six filles et deux garçons), j’ai vécu une jeunesse heureuse et paisible à la campagne près de l’usine de mon père : une tannerie. Cela sent mauvais une tannerie, mais moi, je trouvais qu’elle sentait bon : c’était l’odeur de mon papa !

D’une famille catholique très pratiquante, dès l’âge de dix ans, je suis allée régulièrement à Lourdes au pèlerinage du diocèse de Lille où mon père était très engagé, J’y ai découvert un autre monde : celui des pauvres, des malades, des handicapés, et celui du service. Alors j’ai voulu devenir infirmière.

Elisabeth à une expo

Maman restait à la maison pour s’occuper de toute la marmaille. Elle se dévouait pour faire le catéchisme aux enfants du village. Elle était la bonté et la douceur même. Très choquée un jour quand elle expliquait aux enfants que la Vierge Marie, c’était une maman extraordinaire. Un enfant lui répondit : « moi ma mère, elle me bat »… triste réalité de la vie qui l’a beaucoup perturbée.

Papa était grand et très bel homme, autoritaire, il avait une immense culture. Sans qu’il en ait conscience il nous a enseigné le sens profond de la charité chrétienne : jugeant les actes de ses enfants d’une façon franche et directe : « ça c’est vraiment con ce que tu as fait ! » et puis  en ouvrant les bras : « allez viens, je t’aime bien quand même ». Il a toujours séparé le jugement d’un acte dans le but de l’éducation à nous donner, et l’amour inconditionnel qu’il avait pour chacun d’entre nous huit. Comme Dieu pour tous ses enfants.

Je suis devenue infirmière, assez vite responsable d’un gros service de chirurgie digestive à Lille. Entrainée par un ami, j’ai fait un stage de parachutisme… je me suis cassée la jambe au 4è saut (c’était les parachutes à coupole blanche de l’armée… sportif !) Quelques jours plus tard, un jeune homme assez intello, décida de sauter pour me prouver son amour. Il se cassa au premier saut. Nous nous sommes vus plusieurs fois, chacun une jambe dans le plâtre… trois mois plus tard nous étions mariés, prêts pour la grande aventure de la vie qui nous a comblés : 6 enfants (cinq garçons et une fille) et nous a emmené sur des chemins parfois très difficiles. Mais à deux on franchit plus facilement les obstacles. 

Mon mari Jean-Luc était un homme de grande Foi, très engagé dans de grosses associations dont La Maternité Ste Famille de Lille, où il défendait avec force la congrégation religieuse et le respect des tous petits.  Il fut aussi élu municipal pendant 18 ans. Juriste et financier, il était si intellectuel que tout ce qu’il construisait dans sa tête était pour lui terminé, pas toujours facile à gérer quand je lui demandai d’accrocher un tableau sur un mur !  Nous avons vécu 39 ans de mariage nous tenant la main dans toutes les grosses difficultés à franchir. Atteint d’une forme rare de leucémie, il est mort en juillet 2014, après cinq mois de souffrances épouvantables.

Avant de mourir, il m’a dicté confusément ce qu’il avait en tête. Une phrase m’a frappée et elle guide toute ma vie maintenant : « Dis à mes amis que je n’ai qu’un regret : ne pas les avoir assez connus donc assez aimés »

J’ai commencé à écrire en 1995, après de très gros soucis de santé et ayant vu la mort de prés. J’ignorais que je savais écrire. Le Seigneur là-haut m’a pris par la main comme s’il me disait : « ton métier d’infirmière t’a appris à observer les autres, à comprendre leurs besoins, à les soigner…  aujourd’hui tu discernes mieux la profondeur de leurs attentes par la souffrance de ton corps… je te laisse en vie… sers-moi en écrivant »

Mon premier roman sur le sida est paru en 1995 « La nouvelle peste » récompensé par le Prix St Exupéry Valeurs jeunesse.  Sujet : le sida. Au fil du temps j’ai pu aborder par le roman, de nombreux sujets de bioéthique mais je me suis détendue aussi dans des romans historiques en racontant les aventures des hommes et des femmes au cours des siècles, principalement dans ma région du Nord. 

Le 7 janvier 2021, mon 25è livre sera en librairie : « Et la vigne se mit à pleurer » Ed Le Passeur. Un roman sur le thème de la violence.

A cause de mes romans, j’ai eu plusieurs demandes pour écrire et monter des spectacles vivants sur l’histoire de Boulogne-sur-mer ou de Tourcoing et surtout un spectacle qui me tient à cœur sur la Vierge Marie à travers les Arts « Je m’appelle Marie » avec la voix de la comédienne Brigitte FOSSEY. Un concert son et lumière que nous espérons pouvoir redonner rapidement dans toute la France. Quelques membres de la Fraternité de Job, ont pu le voir en novembre 2019 à Marqc-en-Baroeul.

Mon site : www.elisabethbourgois.com

Pardon pour cette longue présentation mais je vous la dois, à vous tous qui m’avez raconté votre histoire !

Ma rencontre avec la Fraternité de Job : 

J’ai connu le Père Vincent-Marie suite à mon désir de faire partie de la Diaconie de la Beauté. Ce qui fut compliqué !  Il m’a alors parlé de la Fraternité de la Beauté de Job. Je me suis proposée pour y faire quelque chose en fonction de mes capacités : écrire des textes, des scénarios… ?

Bibie et Elisabeth

J’ai ainsi rencontré Soeur Elisabeth, Olivier, Brigitte et puis toute l’équipe qui m’ont demandé d’écrire l’histoire de la Fraternité. Pour moi c’était surtout l’histoire de ceux qui en font partie, qui me semblait importante. C’est donc avec bonheur que je rencontre les uns et les autres, dans un tête à tête et un cœur à cœur de confiance et d’authenticité. Il me manque encore la réalité de l’action de la Fraternité entre autres à Lourdes… cela viendra !

Le but : un livre ? un documentaire TV ? Je ne sais pas encore en cette fin 2020, tant les conditions du monde culturel sont complexes avec la crise sanitaire.

Ce qui me motive dans mon travail d’auteur

Je viens de fêter mes 70 ans.  J’ai l’âge où tous les possibles me sont envisageables dans la mesure où il faut admettre qu’il me reste au maximum une vingtaine d’années pour agir… selon les plans de Dieu. Il ne m’impose rien, mais comment discerner sa volonté ?

Dans la solitude du veuvage bien  triste, le Seigneur a l’art de m’envoyer les bons signaux ! Des appels de personnes vivant des drames et me demandant de les aider à les exprimer par des mots et peut-être un livre… des petits articles pour l’enseignement du catéchisme, un conte de Noël mis en scène dans diverses paroisses, sans oublier de répondre aux journalistes par des ITW diverses et de donner des conférences, etc… 

Voilà mon rôle qui me paraît bien précis après beaucoup de doutes : mettre ma plume au service de ceux qui en ont besoin et surtout au service de l’évangélisation grâce aux mots, aux histoires à créer, aux spectacles à monter au cœur de relations humaines et artistiques formidables.  Et il y a du boulot ! 

Vous, la Fraternité de Job, êtes arrivés vers moi, en m’offrant les richesses de vos vies. Quel qu’en soient les heurts et les embûches, elles sont autant de beautés humaines, de Foi et de mains tendues vers les autres.

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Colette Remy dit :

    Merci pour ce superbe témoignage et votre engagement au service de la Fraternité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *